LectureYann037_PaulAuster_MoonPalaceRoman de Paul Auster (1989)
Livres de Paul Auster déjà lus : Moon Palace (1989)

Quatrième de couverture :
Marco Stanley Fogg : le nom même de son héros place ce roman sous le signe de l'exploration et du voyage. Et c'est bien une odyssée qui nous est offerte, dans la tradition des Mille et Une Nuits come du "grand" roman américain ; un parcours fertile en paysages fantastiques, personnages hors du commun, tribulations multiples.
Mais tout voyage est aussi une quête intérieure et initiatique. Sous l'abondance des lieux et des couleurs, le vrai périple de Marco Stanley Fogg est une recherche de l'identité, une exploration de la solitude et de l'incomplétude universelles.

Mon avis :
Il est des romans dont on se souvient avoir gardé une bonne impression, sans se souvenir d'une seule image ou d'un seul épisode. C'est pour moi le cas de Moon Palace, que j'ai lu quand j'étais encore au lycée (il y a une dizaine d'années donc). Je me rappelais que le roman m'avait parlé, mais impossible de me souvenir pourquoi. Aussi quand j'ai repris la lecture de ce livre, j'avais l'impression de découvrir un nouveau roman, une nouvelle histoire. Et j'ai retrouvé les points qui avaient dû me marquer. Car comment pourrais-je rester insensible face à cet orphelin que rien ne semble interpeler dans ce monde? : "Tu es un rêveur, mon petit, me dit-il. Ton esprit est dans la lune et, à en juger sur les apparences, il ne sera jamais ailleurs. Tu n'as aucune ambition, l'argent ne t'intéresse pas, et tu es trop philosophe pour avoir du goût pour l'art. Que vais-je faire de toi?". Ces mots me parlent toujours autant, car il me décrivent. Pourtant, la perspective de me dire que je n'ai pas changé depuis mes 17 ans me frustrent un peu, je dois bien le reconnaître._Auster
Paul Auster nous décrit dans Moon Palace un monde dans lequel l'homme est obligé de connaître la solitude extrême pour mériter sa place dans l'humanité. C'est le chemin que va suivre M.S. Fogg, le jeune héros. Alors qu'il a perdu tous ses proches, il se retrouve sans le sou, avec pour seule compagnie des cartons de livres qu'il doit vendre au fur at à mesure pour pouvoir survivre. Loin de chercher un moyen de se sortir de cette situation, Fogg tente de mener une existence sans appât du gain, refusant le système qui veut qu'on doit travailler pour pouvoir vivre. Il vivra donc jusqu'au bout de ses limites, jusqu'au bout de ses ressources. C'est arrivé à la limite entre la vie et la mort qu'il va découvrir des valeurs auxquelles il ne croyait plus : l'amitié, la gentillesse, l'amour. Telle une révélation, les présences de Zimmer son ami et de Kitty, cette fille qui lui semble immédiatement liée, vont l'amener vers un altruisme total, sans intérêt. C'est ainsi qu'il rencontre Effing, un vieil aveugle qui a besoin d'un garçon de compagnie. Fogg découvre la vie extraordinaire du vieillard qui oscille entre réalité et fiction sans barrière distincte. À la mort d'Effing, Fogg rencontrera le fils de celui-ci, Barber. Entre ces trois hommes, trois vies complètements différentes, trois expériences uniques. Et pourtant tellement de points communs qui les unissent. Tous les trois feront l'expérience de la solitude et du rejet de la société des humains, tous les trois survivront grâce à l'art. Hasard ou coïncidence, l'auteur tend à nous faire penser que nos rencontres et nos vies ne sont pas fortuites. Paul Auster bâtit un monde où, si l'homme est désespéremment seul, tous les éléments de l'univers sont liés et le destin amènera inéluctablement deux particules à se rencontrer si elles peuvent former un ensemble meilleur. Comme les marées qui montent puis se retirent, la Lune attirent et poussent les individus les uns vers les autres, malicieusement elle dirige nos vies.

Elles en parlent aussi :  BlueGrey Livrovore

Premières lignes :
C'était l'été où l'homme a pour la première fois posé le pied sur la Lune. J'étais très jeune en ce temps-là, mais je n'avais aucune foi dans l'avenir. Je voulais vivre dangereusement, me pousser aussi loin que je pourrais aller, et voir ce qui se passerait une fois que j'y serais parvenu. En réalité j'ai bien failli ne pas y parvenir. Petit à petit, j'ai vu diminuer mes ressources jusqu'à zéro ; j'ai perdu mon appartement ; je me suis retrouvé à la rue. Sans une jeune fille du nom de Kitty Wu, je serais sans doute mort de faim. Je l'avais rencontrée par hasard peu de temps auparavant, mais j'ai fini par m'apercevoir qu'il s'était moins agi de hasard que d'une forme de disponibilité, une façon de chercher mon salut dans la conscience d'autrui. Ce fut la première période. À partir de là, il m'est arrivé des choses étranges. J'ai trouvé cet emploi auprès du vieil homme en chaise roulante. J'ai découvert qui était mon père. J'ai parcouru le désert, de l'Utah à la Californie. Il y a longtemps, certes, que cela s'est passé, mais je me souviens bien de cette époque, je m'en souviens comme du commencement de ma vie.