L63297Roman de Christian Gailly (2010)
Livres de Christian Gailly déjà lus : aucun

Quatrième de couverture :
Braine vient de passer trois mois dans un hôpital militaire. Il a été gravement commotionné. Il peut de nouveau lire et écrire son nom. Il va rentrer à la maison. Lily l'attend. Il est de retour. Il arrive. Souhaitons-leur de vivre enfin heureux.

Mon avis :
Il est difficile d'écrire sur un livre qui vous laisse pantois. Il m'est rarement arrivé de tomber sur un auteur dont le style est un vrai repoussoir et m'empêche d'apprécier le contenu (Serge Doubrovsky, je pense à toi!). C'est pourtant ce qui s'est passé avec Christian Gailly. Des phrases courtes, un vocabulaire limité, le minimum syndical. Si certains vont voir là un talent immense pour exprimer ce qu'il y a entre les lignes, je me demande encore quelles étaient les intentions de l'auteur entre la première et la quatrième de couverture.
Alors effectivement, on comprend bien que Braine revient traumatisé de la guerre, qu'il a du mal à ressentir. Mais on peut aussi exprimer l'absence ou le manque avec des mots, pas juste des ellipses et l'évocation d'un quotidien sans intérêt. D'ailleurs on a bien du mal à croire que Lily et Braine se sont aimés avant la guerre. Gailly n'évoque leur idylle de jeunesse qu'avec des clichés de cartes postales, ne donnant que peu de crédibilité à l'enjeu du couple au retour de Braine. Pourtant le cadre s'y prêtait pour nous offrir une histoire intense comme dans les films de Douglas Sirk.gailly_christian
Alors qu'on s'ennuie dans la première du roman, arrive le jazz, passion que l'écrivain a déjà évoqué dans Un soir au club. Jazz, symbole de liberté, fantaisie, émotion... Ben non! Que dalle! Gailly n'arrive toujours pas à nous faire vibrer. S'il pensait nous présenter un buff de free jazz, ce roman prend des tournures de solo de trompette à une note, froide, angoissante, soporiphique.

Premières lignes :
Lily était venue l'attendre à la gare. Elle n'était pas venue seule. Deux autres vivants lui tenaient compagnie. Un enfant et un chien. Un petit garçon de trois ans et un chien du même âge. Le fils de Braine s'appelait Louis. La chienne de Lily s'appelait Lucie.
Louis était un bel enfant aux cheveux d'un blond nordique, presque blancs, avec des yeux bleu clair ombragés par de longs cils, et Lucie une petite chienne, un bâtard de caniche nain femelle, toute noire, frisée comme un mouton, une boule de poils avec des petits yeux ronds marron et une langue rose. Il faisait chaud. C'était vers le 20 juillet.. En plein soleil sur le quai.