couvRoman de Véronique Olmi (2009)
Livres de Véronique Olmi déjà lus : aucun

Quatrième de couverture :
Une femme prépare un dîner aux chandelles pour fêter son anniversaire de mariage.
Elle descend dans sa cave pour y chercher une bouteille de vin, qu'elle trouve enveloppée dans un papier journal dont elle lit distraitement les petites annonces. Soudain, sa vie bascule : elle remonte les escaliers, éteint le four, prend sa voiture, quitte tout.


Mon avis :
Quand on évoque le genre du road-movie, on imagine un homme relativement jeune, sur une route initiatique vers son destin. C'est à un road-movie à rebours que nous invite Véronique Olmi dans ce roman, le personnage étant une quincagénaire roulant vers son amour de jeunesse. Laissant en plan anniversaire de mariage, mari, famille, veaux, vaches et cochons, Emilie replonge vers son passé et fait le point sur sa vie au volant de sa voiture en direction de l'Italie.
L'auteure nous évoque ses relations attendrissantes avec sa soeur trisomique, personnage haut en couleurs qui n'a jamais su tricher, mais aussi ses rapports moins chaleureux avec sa mère. Une grande part est faite à Dario, objet de convoitises de toutes les jeunes filles, que seule Emilie a su appréhender de manière différente. Personnage mystérieux, il est ici origine et but de ce périple en solo. Emilie reconsidère également sa vie actuelle. A-t-elle fait les bons choix? Peut-on vraiment tout plaquer? Les regards se croisent, celui de sa mère sur l'adolescente qu'elle était et le sien sur ses filles, mais aussi et surtout son regard à elle sur celle qu'elle n'est plus. Véronique Olmi écrit les sentiments sans tomber dans le mielleux, avec finesse et doses d'humour.olmi_R
Et ce voyage nous embarque tellement qu'on n'a pas vraiment envie de voir la fin. Car c'est ici que le roman déçoit. Une fois arrivée en Italie, Emilie se retrouve confrontée à une situation complexe et confuse, entre une femme hystérique dont les motivations ne sont pas très nettes, et un Dario encore plus muet qu'une photo de jeunesse. On en vient à se demander si le souvenir ne prévaut pas sur ce que sont devenus les gens. Laissons les mythes rester dans l'histoire, et ne cherchons pas à revivre le passé.

Premières lignes :
Il suffit parfois d'un rien pour que la vie bascule. Un moment d'inattention au passage clouté. Une grève SNCF. Un nouveau voisin. Une panne d'essence. Une lettre. Un coup de fil dans la nuit.
Ma vie a basculé le 23 juin 2008 à 20h34, à l'instant même où j'ôtais la feuille de papier journal qui protégeait le Pommard qui devait accompagner l'épaule d'agneau qui cuisait au four depuis 26 minutes.
Le Pommard, débarrassé de son journal, n'a jamais été débouché. lLépaule d'agneau n'a jamais été cuite, j'ai eu la présence d'esprit d'éteindre le four avant de m'enfuir en Italie. Et aussi celle d'éteindre les bougies allumées un peu partout dans le salon.