2008_10150035Recueil de nouvelles de blogueurs (2007)

Quatrième de couverture :
Quel lien existe-t-il entre une pipe en merisier, un amoureux déçu, un rêve d'enfant, l'errance volontaire, Leonard Cohen, la menace de l'orage, un nid de serpents, un bouchon sur l'autoroute, de la peinture desséchée et les endives au jambon? C'est le temps qui passe, détruit, promet, trahit et, surtout, qui influence onze écrivains-blogueurs francophones. Parfois cyniques, toujours poignantes, leurs nouvelles inspirées d'une série d'images abstraites de la photographe makuramis nous transportent dans des vies parallèles si différentes et pourtant si proches.

Mon avis :
Les plus fidèles de ce blog doivent s'en souvenir. Une sorte de malédicition me poursuit. Dès que j'accepte de participer à une opération, que ce soit pour Babélio ou un éditeur dénicheur de critiques à l'oeil, j'ai le don de tomber sur le mauvais livre! Ce qui m'a poussé à choisir celui-ci, c'est tout bonnement la curiosité. Voir ce que des blogueurs peuvent faire quand ils se mesurent à la littérature, celle institutionnalisée dans cet objet qu'on appelle livre. Et comme dit le proverbe populaire, la curiosité est un vilain défaut, et ça m'apprendra!Makuramis
Le principe même de cette oeuvre me laisse dubitatif. À partir d'oeuvres photographiques abstraites de Makuramis (à écrire normalement avec une minuscule, mais je suis un rebelle!), ces internautes-écrivains en herbe ont été invités à produire une nouvelle sur le thème du temps qui fuit. Déjà que les exercices de style me paraissent assez vains quand ils ont d'autres desseins que de faire marrer le lecteur, mais alors là, c'est la fête du string à paillettes. Comme thème, ils auraient pu râtisser encore plus large en évoquant la condition humaine ou les sentiments, ils auraient pas pu mieux tomber. Parce que franchement, le temps qui passe est une notion que l'on peut déceler dans 99% des oeuvres littéraires déjà écrites. Si en plus vous mélangez ça à un recueil de photos de rouille et de bois usé (j'avoue avoir un goût plus que modéré pour l'art dit "moderne" qui n'engage que moi!), ça nous donne un livre pompeux et d'un intérêt passable. Je ne dis pas que toutes les nouvelles sont désastreuses. Mais il y en a, et j'estime qu'il faut en parler. Disons que j'ai remarqué dans ce recueil une nouvelle à laquelle je n'ai absolument rien compris. De quoi qu'il parle? ça reste un mystère. C'est une suite de mots qui font peut-être joli sur le papier (et surtout dans sa tête), mais soit ce blogueur et moi avons une utilisation très différente du langage, soit il nous a offert un reste de cuite carabinée dont les mots se seraient mélangés comme par enchantement... Il y a toujours des amateurs de ce style intello-expérimental, c'est pourquoi je tairai son nom. Pour les autres histoires, ce sont surtout des nouvelles sous influence qui nous sont proposées. Certains dans le style clichés (peut-on parler du temps qui passe sans évoquer la météo et les saisons? OUI!), d'autre dans le style j'ai-pas-de-style-alors-j'écris-comme-mon-auteur-préféré. J'exagère sûrement, il y a quelques nouvelles qui restent agréables à l'oeil et à l'esprit. Mais la plus grande qualité de ce livre est qu'il arrive à faire ressentir avec force son thème principal. Même si les nouvelles dépassent rarement quatre pages, le lecteur est en connection directe avec le temps qui passe : il S'ENNUIE!

Recueil lu dans le cadre du 27680148_p, merci à makuramis édition pour l'envoi du livre.

Premières lignes :
Prologue de fort bonne facture

L'histoire commence par une idée fixe. Makuramis, photographe d'art, torture la photographie jusqu'à l'abstraction, dans le but de la libérer de la dictature du sens. Il est temps de re-découvrir la richesse des formes et des couleurs du quotidien. Elle produit des centaines de clichés et de nombreuses séries, dont un thème est récurrent : l'effet du temps qui s'enfuit, "Tempus Fugit".
L'absence de référence figurative transforme ces images en support sur lequel peut librement gambader l'imaginaire, comme autant de tâches de Rorschach issues du réel. Malgré l'absence d'échelle, la réaction naturelle du spectateur est de trouver de quoi il s'agit. Les commentaires sont étonnants et bien souvent très personnels.